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- Domaine de recherche : Entre tradition et innovation : l’art et l’identité orthodoxe cypriote sous la domination franque (1192-1492)

- Axe A : Religions, lieux et conflits ; A.1 Conversions et controverses

- Projet de recherche en cours  : Ce projet a pour but d’étudier l’expression de l’identité ainsi que les témoignages de la controverse religieuse, mais aussi de l’interaction culturelle, dans l’art orthodoxe byzantin de Chypre, au cours de la période comprise entre 1192 et 1489, lorsque l’île était un royaume franc dirigé par la dynastie Lusignan. Jusqu’alors, Chypre avait été une province de l’empire byzantin. Avec le remplacement de l’administration byzantine traditionnelle par une nouvelle classe dirigeante de chevaliers francs, ainsi qu’avec l’introduction de la hiérarchie ecclésiastique latine, un nouveau système social et religieux fut implanté, régulant les relations entre les autochtones orthodoxes byzantins (« grecs ») et les colons francs (« latins »). Confrontés aux changements politiques, culturels et religieux, et malgré les tentatives répétées des latins visant à convertir les grecs à la foi catholique, les orthodoxes chypriotes furent à même de définir une position qui leur fut propre et de préserver les spécificités de leur identité communautaire.

La plupart des recherches menées au cours des cinquante dernières années ont décrit la coexistence des orthodoxes byzantins et des francs catholiques dans les États latins d’orient principalement en termes de conflits religieux, et même comme un choc des cultures. Jusqu’à très récemment, les historiens ont décrit les relations entre les grecs et les latins à Chypre comme un monde ségrégué dans lequel les uns restaient isolés des autres. Ce point de vue est toutefois exclusivement basé sur des sources écrites. Cette approche très limitée ne saurait prétendre dresser une vision d’ensemble. En vue d’approfondir notre connaissance de la période, cette étude interdisciplinaire vise à étendre le sujet, incluant également les vestiges matériels historico-artistiques, et plus spécifiquement la décoration des églises peintes et les icônes. En tant que symboles visuels exposés publiquement, les œuvres d’art ont la capacité d’exprimer l’identité d’un groupe ; et ceci est peut-être particulièrement vrai dans le cas de l’art religieux.

Jusqu’à présent, peu de chercheurs se sont penchés sur les témoignages qu’offre la décoration monumentale des église et la peinture des icônes ; négligence qui mésestime le potentiel d’information de ce large ensemble de témoignages. Chypre est unique, dans le sens où il préserve une quantité remarquable de fresques dans les monastères et églises datant de la période au cours de laquelle l’île fut alternativement une province de l’empire byzantin (965-1191), un royaume franc dirigé par la dynastie Lusignan (1192-1489), et finalement une colonie vénitienne (1489-1571). La majorité des murales se trouvent dans les églises sous la dénomination d’orthodoxe byzantine, ou d’églises chrétiennes d’orient (Maronite, Armenian). Le cas des orthodoxes byzantins à Chypre est exceptionnel, dans la mesure où il est possible de retracer le développement de leur peinture monumentale du XIe au XVIe siècle, ce qui permet donc une approche comparative et diachronique dans l’étude des continuités et discontinuités religieuses.

L’art possède une fonction de formation, de maintien, et de redéfinition des identités communautaires, comme la religion et l’identité sociale. En tant qu’éléments de la vie quotidienne, les peintures mettent en lumière des points de contacts et des réponses particulières qui ne furent jamais considérés comme assez importants pour être consignés officiellement. Ceci rend leur étude précieuse en vue de l’élaboration d’une image nuancée et intégrale du développement de le communauté orthodoxe chypriote et de sa relation avec la classe dirigeante latine. La décision de se concentrer sur les peintures contribue à la nature novatrice de la recherche : beaucoup n’ont pas été suffisamment étudiées jusque-là. Un inventaire des peintures murales de Chypre est déjà disponible, mais il est superficiel, en décalage avec les standards actuels, et doit être complété par les découvertes récentes. La même remarque peut être faite au sujet du corpus d’icônes actuellement attribuées à l’île. Doula Mouriki et Annemarie Weyl Carr ont commencé à se demander à quel point cet art est « byzantin orthodoxe » ou « cypriote ». Bien que beaucoup reste à faire, la première impression véhiculée par les peintures suggère une situation dans laquelle il n’y aurait eu ni ségrégation totale ni intégration totale.

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Archéologies d'Orient et d'Occident et textes anciens (AOROC) - UMR8546

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