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Projet à 10 ans

La structuration par axes, choisie en 2011, a été conservée (axes A, B et C) pour la présentation du programme de recherche du Labex RESMED de 2018 à 2028, mais la création de deux nouveaux axes permet d’incorporer de nouvelles recherches (axes D et E).

NB : Seules les contributions qui nous ont été communiquées par les membres du Labex RESMED en juin 2017 apparaissent ici. Ce programme est destiné à être régulièrement enrichi dans les prochains mois.

Axe A - Religions, lieux et conflits

A1 - Conversions et controverses

  • Les projets à poursuivre

La littérature de controverse. Ces sept dernières années, une clavis des textes polémiques a été élaborée. Toutefois comme il s’agit d’une abondante littérature qui s’exprime dans les différentes langues de la Méditerranée antique et médiévale, le travail de documentation et d’accessibilité de cette littérature doit être poursuivi.

L’importance des bibliothèques pour l’identité religieuse : les chrétiens en terre d’islam. Les bibliothèques sont des lieux de conservation et de construction des identités chrétiennes au sein d’un empire arabo-musulman. Des projets de recherche autour de l’histoire des bibliothèques liées à des institutions monastiques et patriarcales, entre le VIe et jusqu’au XVIe siècle, seront poursuivis afin d’être menés à terme. À travers l’étude des copies de livres, de la circulation des livres, et de la constitution des bibliothèques, il s’agira de comprendre comment ces institutions monastiques et leurs bibliothèques ont joué un rôle central dans la construction identitaire des différentes communautés chrétiennes, qu’elles soient de langue grecque, syriaque ou arabe, face à l’islam.

L’hagiographie comme témoignage littéraire de la construction d’un discours identitaire face à l’islam. Ce travail porte sur un sous-genre consacré aux néo-martyrs, c’est-à-dire les chrétiens qui sont subi le martyre à l’époque médiévale, et tout particulièrement dans la confrontation à l’islam. Il s’agit tout à la fois de poursuivre le travail collectif de réflexion engagé autour de ce thème et de continuer le travail d’histoire des textes, d’édition et d’analyse contextuelle d’un groupe de textes appartenant aux premières confrontations entre chrétienté et islam en Syrie-Palestine entre le VIIe et le Xe siècle.

L’évolution des religions en Éthiopie. Étude du processus de christianisation par des recherches archéologiques et épigraphiques au dans la région de Tigray. À la suite des recherches sur le site de Wakarida (IIIe – XIIIe siècles de notre ère), où des vestiges d’architecture en pierre typiquement axoumite faisant partie d’une agglomération (s’étendant sur 9 ha) ont été découverts, la transition entre le polythéisme et le christianisme dans le royaume axoumite et la christianisation de l’ensemble du pays sera étudiée dans un premier temps sur le site de Maryam Kadih qui abrite les vestiges d’une église axoumite et une nécropole.

  • Les nouveaux projets

Les conversions et leurs conséquences sur la vie sociale et familiale. Sur les changements d’une religion à une autre, appelés « conversion », nous souhaitons mieux définir plusieurs aspects : 1) les éventuels changements que cela entraîne dans la vie publique comme dans la vie privée ; 2) comment se cristallisent les phénomènes de rejet des minorités, les diverses formes d’inégalité face à la justice, ou face au pouvoir quand ce dernier est adepte d’une autre religion (les juifs dans les monarchies hellénistiques puis dans l’empire romain puis au Moyen Âge, les chrétiens en milieu romain puis sous l’islam, les chrétiens déclarés hérétiques à Byzance ou en Occident chrétien, les musulmans dans les royaumes chrétiens, les non musulmans en terre d’islam) ; 3) La violence à l’égard des minorités engendre le phénomène des néomartyrs c’est-à-dire les chrétiens qui sont subi le martyre à l’époque médiévale, et tout particulièrement dans la confrontation à l’islam.

L’exemple des archives du village d’Aphroditô (VIIIe s.). Cet ensemble de papyrus (grecs, coptes et arabes) est actuellement le dossier le plus volumineux documentant l’époque omeyyade en Égypte. Pourtant, du fait d’une publication disséminée et souvent réduite au strict minimum (absence de commentaires et de traductions) au début du XXe s., il n’a pas attiré toute l’attention qu’il mérite. De nouveaux textes sont encore inédits et une étude synthétique et systématique de cet ensemble est encore à faire. La fécondité des résultats escomptés d’une telle étude tient, entre autres, au fait que nous avons deux autres archives provenant du même village pour le VIe et la première moitié du VIIe s. (archives de Dioscore et de Phoibammon), permettant ainsi de suivre les évolutions qui se sont produites entre la fin de l’époque byzantine et l’époque omeyyade en matière institutionnelle et religieuse.

L’exemple de la réception de la patristique chrétienne au Moyen âge. L’étude de la réception des œuvres théologiques tardo-antiques est fondamentale tant pour éclairer les modifications progressives que subit leur lecture, que pour éclairer en retour l’évolution des doctrines théologiques de ceux qui réutilisent ces textes, dans le monde byzantin et jusqu’aux premières éditions imprimées occidentales. Il s’agit de l’histoire des livres et de leurs utilisateurs, et une analyse de la tradition indirecte des œuvres concernées (citations, florilèges, chaînes exégétiques, etc.), afin de tracer peu à peu l’histoire de cette réception. Le travail va commencer par les œuvres de Grégoire de Nysse, tant doctrinales qu’oratoires et hagiographiques.

L’autorité religieuse des moines du Mont Athos (époque ottomane). Le dépôt d’un projet européen (ERC) portant sur l’influence du Mont Athos sur l’identité culturelle de l’Europe orientale aux époques byzantines et ottomanes : liens politiques, fondements juridiques, influence religieuse, est en préparation. Le projet expliquera comment, à partir d’une autonomie juridique sanctionnée par l’empereur byzantin Jean Tzimiskès en 972 et toujours confirmée jusqu’à nos jours, la péninsule athonite a tissé des liens dans l’ensemble du monde orthodoxe, s’affirmant comme un référent spirituel et un agent social stable à travers les siècles les plus tourmentés (apparitions et disparitions d’États balkaniques, présence ottomane), éclipsant de fait, sur certains points, l’influence du patriarcat de Constantinople.

A2 - Paysages et édifices

  • Les projets à poursuivre

The Byzantine Region of Bythinia (IVth-XVth). A Webmapping Project (in coll. with the Austrian Academy of Sciences, Vienna). Two French research programs have focused on the Byzantine region of Bithynia (Turkey), which extends from the southern shore of the Marmara Sea to Mount Olympus (Uludağ), and from the lake of Apollonias to the Sangarios river. The rapid changes in digital mapping make it possible to present these field observations online (including many previously unpublished elements), in a scientific, collaborative and sustainable way.

Rodin et l’art égyptien. Constituée par Auguste Rodin au faîte de sa gloire, une collection d’environ 800 antiquités égyptiennes est restée en très grande partie inédite. Les notices réalisées au cours de l’étude de ces objets sont progressivement mises en ligne depuis 2014 sur le site du musée (www.egypte.musee-rodin.fr). Suivant la volonté d’Auguste Rodin lors de sa donation à l’Etat français en 1916, le catalogue Rodin et l’art égyptien est librement consultable, par tous. Conservés dans les réserves du musée Rodin, les objets provenant d’Egypte seront exposés au public à la fin de la publication en ligne du catalogue.

  • Les nouveaux projets

La topographie religieuse. La place des édifices religieux dans la ville : Vaison la Romaine. Il s’agit d’analyser les changements dans la topographie, en observant le devenir d’ancien monuments traditionnels et l’insertion, dans un tissu urbain déjà formé, de nouveaux bâtiments chrétiens, leur apparition provoquant en effet une véritable recomposition.

Approche critique et synthétique des formes du paganisme tardif en Méditerranée occidentale. L’idée est d’observer, sur le terrain et dans les textes, les mutations des religions traditionnelles à travers certains objets ou certains lieux et de réfléchir à la chronologie et aux formes de ces nouvelles piétés.
L’évolution du paysage religieux de l’Arabie antique du tournant de l’ère chrétienne à l’avènement de l’islam. Elle sera étudiée à travers les évolutions religieuses émanant de découvertes récentes, en particulier des inscriptions en caractères arabes préislamiques, mais aussi en étudiant les espaces et monuments religieux lors de travaux archéologiques qui se poursuivront en Arabie, à Madâin Sâlih, Najrân et à al-Bad‘, sur un autre site d’Arabie du Nord-Ouest.

La Mecque, pèlerinage, territoire et société. La Mecque est surtout connue comme lieu des principaux pèlerinages de l’Islam. Les études sur le pèlerinage ont connu un renouvellement récent, non sans certaines ambiguïtés, car une grande partie de la production historiographique a cherché à proposer une généalogie rassurante à des pratiques contemporaines d’un pèlerinage massifié et globalisé. Toutefois, derrière le pèlerinage, l’étude de La Mecque en tant que ville, espace et société, est restée très largement délaissée. Le parti-pris de ce projet de recherche est donc de proposer d’envisager l’histoire de cette « ville sainte », en partant de la construction normative et pragmatique de son espace physique et social. Deux directions viendront structurer ce projet : l’établissement de jalons pour une topographie historique de La Mecque et la construction juridique de l’espace mecquois.

La christianisation de l’Éthiopie : recompositions territoriales, politiques et sociales entre les VIIe et XIIIe siècles. « La deuxième christianisation » et l’arrivée du monachisme en Éthiopie, processus sans doute très long et que l’on connaît encore très mal, ont provoqué des transformations économiques et sociales qui ont fait passer les revenus issus de la terre vers les fondations pieuses et l’organisation de la société vers la vocation monastique. Les recherches seront structurées autour des fouilles archéologiques sur le site de Lalibela et sur des sites post-aksumites ; d’une ouverture vers d’autres régions chrétiennes voisines de l’Éthiopie ; la constitution d’un corpus de donations pieuses émises entre les VIIe et XIIIe siècles.

Paysages sonores
La concurrence religieuse se fait aussi à travers les sons, comme le montrent les débats contemporains sur la diffusion de l’appel à la prière musulmane en ville ou les régulations de la sonnerie des cloches. Au Moyen Âge aussi de tels débats existaient. L’une des formes de la domination religieuse consistait à empêcher les autres groupes religieux de faire connaître leur existence par des manifestations sonores (confiscation des cloches en terre d’islam, interdiction du chant du muezzin en terre chrétienne avec des exceptions en Espagne et Sicile).

Axe B - Religions et raison : tradition et innovation

B1 - Rationalité et religion

Cet axe de recherche, dans lequel sont étudiées les relations entre religion et rationalité, est tout particulièrement en interaction avec les recherches de l’axe A1 (religions et controverses) et celles de l’axe B2 (médecine et religion). Il explore notamment l’interprétation que les philosophes et les diverses formes du savoir rationnel ont donné de la philosophie et l’interaction entre religion et savoirs rationnels, la manière dont elles se sont nourries l’une l’autre, parfois épaulées, parfois combattues, ainsi que les constantes et les divergences dans le rapport de la religion et de la philosophie entre les polythéismes grecs et les monothéismes des religions du Livre. Il s’intéresse ainsi à quelques grandes figures de l’hellénisme qui sont aussi des figures des religions du Livre (Philon, Irénée). Les recherches de l’axe sont centrées autour de l’Antiquité, mais aussi la période médiévale.
Les projets de l’axe B1 suivront plusieurs lignes de réflexion :
1. dégager les critères au nom desquels les différentes écoles philosophiques, à partir des présocratiques et de Platon, articulent leur critique ou leur réinterprétation de la religion traditionnelle
2. étudier la manière dont les philosophes interprètent les récits, cultes et pratiques des religions traditionnelles ou révélées, notamment les pratiques allégoriques
3. étudier la manière dont les religions du Livre se sont approprié la culture philosophique et scientifique de l’Antiquité gréco-latine dans sa dimension théologique et religieuse et l’ont transformée et adaptée à leur propre discours
4. étudier la manière dont les sagesses dites « barbares » ont été intégrées dans la culture grecque et les mutations de la notion d’ « hellénisme » dans la religion et la philosophie
5. étudier la constitution de la théologie comme science, et celle des théologiens/exégètes comme classe culturelle influente
6. étudier l’interaction entre les cosmologies et les cosmogonies religieuses et les cosmologies et les cosmogonies philosophiques d’inspiration philosophique (platonisme, stoïcisme)
7. étudier la littérature exégétique : pratiques et formes (en part. le commentaire linéaire) ; principes ; enjeux pour la conception de la philosophie et de la théologie
8. interroger la manière dont les philosophes grecs réinscrivent dans un projet politique ou social différents aspects de l’héritage religieux.
9. étudier la notion d’ « homme divin » dans la philosophie et la religion, ainsi que les implications philosophiques du culte impérial à Rome (Sénèque, Cornutus, Marc Aurèle)
10. étudier les pratiques occultes, en essayant de comprendre comment se pose le problème de la relation entre le rationnel et l’irrationnel (exemple de l’alchimie). Il s’agit d’étudier la constitution de l’alchimie grecque comme technê, à savoir comme forme de savoir rationnel, doté de ses propres règles et principes, et comment il se structure par rapport aux implications religieuses et mystiques et à travers les transformations culturelles et sociales de son époque (du début de notre ère jusqu’au VIIe s. env.)

B2 - Médecine religieuse et médecine rationnelle

Emprunts et réutilisations dans les littératures médicales grecque et arabe : formation du médecin et transmission du savoir médical. L’un des grands axes des humanités numériques porte aujourd’hui sur la notion de « réutilisation littéraire » qui s’étend à toutes sortes d’emprunts, allusions ou circulations. Il faut aussi y mettre ce que nous appelons les « rédactions parallèles ». Compte tenu de l’abondance des textes médicaux dans les littératures grecque et arabe, disséminés sur une très longue période, l’analyse informatique peut apporter un progrès décisif. Par exemple, en TEI xml, les techniques de segmentation permettent de décrire, classer, identifier et analyser les différents types d’emprunts. Ce projet à la fois philologique, technologique et de formation, consiste à appliquer ces techniques sur les textes médicaux grecs et arabes, en introduisant des balises informatiques pour faire ressortir emprunts, réinvestissements et circulations d’idées. On insistera sur les controverses scientifiques, en particulier lorsque celles-ci peuvent être mises en rapport avec des oppositions religieuses, comme c’est souvent le cas par exemple dans les débats portant sur la formation du médecin et la transmission du savoir médical. Particulièrement riches sont les débats qui eurent lieu entre des médecins de différentes appartenances religieuses (chrétiens, juifs, musulmans) dont les rapports aux sources grecques n’étaient pas du tout les mêmes.

Axe C - Religions et pratiques sociales

C1 - Religions et sociabilités

  • Projets à poursuivre

Musicomed. Musiques d’Orient et d’Occident. La musique a joué et joue un rôle dans les échanges culturels et les brassages au sein des peuples de la Méditerranée. On mènera une enquête associant les données du présent et la mémoire du temps long pour mieux envisager le rôle de la religion dans la culture musicale (musiques religieuses, musiques et rituels, pratiques musicales et appartenances confessionnelles et/ou communautaires) tout autour de la Méditerranée. Au‐delà, se pose la question de la cohabitation entre communautés de religions différentes (souvent isolées à tort ou à raison dans leurs singularités) et des transferts culturels (notion débattue) dans un prolongement auquel seront associés des historiens.

  • Nouveaux projets

La société des saints, Antiquité tardive et Moyen Âge. En même temps que les cultes des saints ont été multipliés, les Églises ont procédé à une mise en ordre de leur sanctoral dont le principal instrument a été la création du calendrier des fêtes de l’année liturgique, dès l’époque tardo-antique. Plus que la chronologie de ce processus, un autre aspect sera au centre de notre réflexion, la fabrique de la « société des saints », par l’élaboration de différentes catégories de sainteté et la hiérarchisation de ces catégories et, à l’intérieur de chacune d’entre elles, des saints. Cette société des saints peut s’afficher dans les dédicaces des lieux de culte, dans les différents types de décors iconographiques (de l’image isolée au programme hagiographique savamment orchestré), dans les calendriers liturgiques des Églises. L’étude propre et comparée de l’ensemble de ces programmes et représentations permettra de mieux définir le fonctionnement du sanctoral, de rendre compte de son historicité en relation avec les dynamiques sociales et politiques, de déterminer ce qui fait à la fois son universalité et ses spécificités en des contextes donnés afin d’analyser, dans une perspective nouvelle et dans toute sa complexité, l’articulation entre la société des fidèles et la société des saints.

L’Égypte médiévale au miroir de ses papyrus : religion, société et pouvoir. L’étude de l’Égypte médiévale connaît actuellement un important renouveau, grâce à la multiplication des travaux papyrologiques. Un nombre croissant de lettres officielles et privées, d’actes juridiques, de documents administratifs, mais aussi de textes littéraires, juridiques et magiques sont à la disposition des chercheurs. Longtemps ces documents sont demeurés ignorés des historiens, qui ont écrit l’histoire de l’Égypte à partir des seules sources littéraires. Ce projet entend dépasser le cadre événementiel de l’histoire politique égyptienne pour explorer l’évolution des sociétés issues de la conquête de l’Égypte par les Arabes, en lien avec les développements de la religion musulmane. Nous nous intéresserons à divers aspects des pratiques sociales (interactions entre communautés, habitat, relations commerciales et affectives, etc.), religieuses (usage de talismans, copie d’ouvrages religieux), et administratives.

Questions d’acoustique et d’audibilité. Les mesures acoustiques à l’intérieur des bâtiments religieux, en particulier les églises tardo antiques médiévales, ont conduit à s’interroger sur l’audibilité de ce qui était dit ou chanté dans ces vastes espaces, en particulier un travail récent sur Sainte-Sophie de Constantinople.

Fêtes et rituels. AFRITS « Ancient Feasts and Rituals (Iconographic and Textual Studies) ». Ce projet se propose d’étudier la documentation en rapport avec les fêtes et les rituels, dans un premier temps en Égypte ancienne. La base de données DESERTS “Database of Egyptian Sed-Festival & Ritual Texts and Scenes. A Comprehensive Collection of Material relating to the ritual Texts and Scenes in Ancient Egypt and Nubia from Prehistory to Late Antiquity” sera créée afin de mener à bien l’étude transversale et diachronique de cet événement privilégié par tous les rois égyptiens. Les études se sont focalisées bien souvent sur un monument, un règne, une période ou une zone géographique donnée, alors que la documentation sur le sujet est très riche et elle concerne non seulement une très large période (de la Préhistoire à l’époque gréco-romaine), mais aussi tous types de supports, et est régulièrement enrichie par les fouilles récentes.

C2 - Religions, argent, pouvoirs politiques

L’espace civique vu par les auteurs chrétiens de l’Antiquité. Il s’agit d’une étude sur les références au monde civique chez les auteurs chrétiens (jusqu’au IVe s. inclus), dans une perspective comparatiste entre Orient et Occident et entre grands bassins régionaux (par ex. : Afrique, provinces gauloises, Égypte, Proche-Orient, Asie mineure...). Ces corpus sont souvent négligés par les historiens des cités, tandis que les spécialistes des sources chrétiennes ne portent en général pas leur analyse sur ce type de références. C’est pourquoi il y aurait beaucoup à explorer sur ces pistes pour l’histoire institutionnelle, religieuse, idéologique, des cadres politiques et religieux dans la Méditerranée romaine.

L’argent des sanctuaires. Ce projet vise à publier les monnaies trouvées dans les fouilles de Yéroskipou menées par l’université de Chypre. Le site, qui a fait l’objet de fouilles d’urgence, se révèle être un centre religieux majeur de l’Antiquité tardive. La publication des 1512 monnaies trouvées sur le site éclairera notamment les pratiques funéraires et cultuelles.

L’argent des dieux. Religions et richesses en Méditerranée. Les rapports entre les religions et l’argent sont loin de se limiter aux discours que développent souvent les premières en matière de régulation éthique des activités lucratives et d’usage des richesses. Toute vie religieuse implique – à des échelles diverses, mais inévitablement – une dimension économique. Il faut des biens matériels pour les gestes du culte, l’offrande de sacrifices, la fabrication d’objets ou d’images, la construction et l’entretien de sanctuaires, la rétribution d’un clergé ou encore l’organisation de la solidarité communautaire. Afin de répondre à une multitude de questionnements en rapport avec cette thématique, l’étude des religions qui ont marqué le monde méditerranéen depuis la plus haute Antiquité jusqu’à la fin du Moyen Âge sera poursuivie, en prenant en compte une aire géographique cohérente.

Église et Empire à l’époque paléologue (milieu XIIIe – milieu XVe s.). Les deux derniers siècles de l’histoire byzantine connaissent une profonde transformation du christianisme orthodoxe avec le triomphe des thèses hésychastes au milieu du XIVe siècle. Or l’ampleur de ce processus entraîne une véritable redéfinition des fondements mêmes de l’idéologie impériale, qui renforce sa vocation œcuménique, fortement ébranlée par le progressif affaiblissement politique de l’empire, et par l’expansion latine d’une part et les conquêtes ottomanes de l’autre. La question implique une révision complète des interprétations traditionnelles de la fin de Byzance, qui envisageaient plutôt cette transformation comme un accommodement de l’idéologie politique avec la dimension territoriale restreinte de l’empire à cette époque, au point de rapprocher son système politique de celui d’une cité-État. Au contraire, selon nous, la crise hésychaste relégitime la prétention de l’État byzantin à incarner l’empire chrétien universel. Un examen du corpus des sources de la période tardive liées à l’idéologie impériale, en particulier celles relatives à la réforme hésychaste, n’a jamais été entrepris : il permettra de mieux préciser le rôle du christianisme orthodoxe dans la redéfinition de la nature de cet État.

D - Les limites de la religion. L’émergence d’un monde profane qui se dégage du religieux

D1 - Le profane dans les sociétés : les arts, la musique et la littérature

Les décors de mosaïques. L’objectif est de réaliser une synthèse sur la mosaïque tardive en Occident (notamment celle à vocation funéraire placée dans les églises). Le plus souvent, la mosaïque prend pour cadre des bâtiments religieux. Il s’agit d’observer les techniques mises en oeuvre (avec des remplois ou non), les décors privilégiés en fonction des usages et des liens établis avec l’écrit.

Entre sacré et profane : les espaces d’entrée de l’église médiévale. Byzance et l’Occident. L’espace d’entrée de l’église médiévale reçoit une pluralité d’appellations aussi bien à Byzance que dans l’Occident médiéval : narthex, exonarthex, porche, vestibule, galilée, avant-nef. Cette diversité terminologique illustre la complexité de ce lieu, espace de transition, seuil, frontière, parfois très floue, entre le profane et le sacré et l’évolution typologique et liturgique de cette zone bien particulière permettra d’appréhender les programmes figurés qui s’y déploient, de comprendre comment ces derniers interagissent avec les rites et les pratiques qui s’y déroulent, afin de renouveler nos connaissances sur cette partie de l’église qui revêt, à Byzance comme en Occident, une fonction religieuse, sociale et politique majeure.

Les musiques. Enregistrer le répertoire des musiques traditionnelles. Ces travaux de musicologue mais aussi de musicien-interprète ont une dimension particulière, étant donné qu’ils concernent la musicologie et la spiritualité comparée à l’interprétation musicale, et touchent un public très large. Les travaux autour de la légende des saints Barlaam et Josaphat ont abouti à une publication multimédia du livre-disque-vidéo avec l’ensemble Dialogos prévue en 2018. D’autres projets sont prévus : une reconstruction musicale autour des rituels de guérison dans la tradition manuscrite glagolitique croate du Moyen Âge ; un travail sur le Cantique des cantiques dans le Bréviaire glagolitique de Beram en Croatie ; un enregistrement de film documentaire basé sur le programme « Les anges hérétiques » (créé avec l’ensemble Dialogos), consacré aux chrétiens bosniaques. Enfin, de la recherche-création, en proposant une reconstruction de théâtre musical autour du thème d’Hécube revisité par les auteurs de la renaissance.

D2 - Sciences partagées Orient/Occident

La science païenne au service de la foi chrétienne : le cas du Physiologus grec. Il s’agit d’étudier la réception des textes scientifiques antiques par les lettrés chrétiens, en comprenant comment certains de ces écrits païens ont été recomposés, pour être employés en vue de répandre le message christologique et la foi chrétienne dès les premiers siècles du christianisme. Recueil d’histoires sur les φύσεις des animaux, végétaux et minéraux, à l’appui desquelles on tire des enseignements moraux, le Physiologus se veut, en effet, avant tout « pragmatique ». Il s’agit de présenter un inventaire systématique des différentes sources païennes sélectionnées par l’auteur du Physiologus. Par la suite, et sur la base de ces sources et la façon dont elles ont été remodelées, l’analyse cherchera à saisir les objectifs de l’auteur et le lectorat auquel il s’adressait en priorité. Enfin, l’étude de l’illustration du Physiologus grec et les raisons de la présence d’images dans ces témoins.

E - Orient/Occident les échanges culturels et religieux

E1 - Figures et images partagées

Basile une figure partagée entre Orient et Occident. Basile de Césarée mourut en janvier 379 en laissant une œuvre théologique immense et un ensemble de règles monastiques dont on n’a pas encore parfaitement mesuré jusqu’à nos jours la prodigieuse influence d’Orient en Occident. Figure multiple : saint évêque orthodoxe luttant contre les hérésies, théologien, organisateur du cénobitisme, Basile le Grand bénéficie d’une image qui fut largement remodelée à l’époque mésobyzantine et qui doit beaucoup à l’héritage de Théodore Stoudite (759-926). Alors que la tradition ancienne insiste peu sur son œuvre monastique, à partir des VIIIe-IXe siècle, il devient brusquement « le Père des moines » orientaux. C’est Basile de Césarée comme figure monastique réinvestie depuis la Byzance orthodoxe jusqu’à l’Occident catholique, sorte de trait d’union pour des monachismes divers regardant vers l’Orient, qui sera le centre de ce programme.

Imago-EikΩn. Regards croisés sur l’image chrétienne médiévale entre Orient et Occident. Il s’agit d’une approche transversale de l’image chrétienne, au travers de plusieurs thématiques de recherche : la rencontre de l’Orient et de l’Occident dans l’historiographie récente ; Une nouvelle lecture de l’image chrétienne médiévale ; unifier le Moyen Âge : l’image comme langage. À la suite du premier volet Visibilité et présence de l’image dans l’espace ecclésial. Byzance et Moyen Âge occidental (septembre 2015-juin 2016), un deuxième portera sur Histoires chrétiennes en images : espace, temps et structure de la narration. Les troisième et quatrième volets du programme se focaliseront sur les Saints en images et idéologie politique. Byzance et Moyen Âge occidental. Pour mener à bien ces réflexions sur les aires occidentale et byzantine, dans une chronologie longue (de l’Antiquité tardive au XIVe siècle), l’approche est à la fois transversale et interdisciplinaire, dans un dialogue fructueux entre des spécialistes des divers domaines des études médiévales, dont les sources et les méthodes contribuent, à travers des études de cas précis, à une meilleure compréhension de la mentalité médiévale et de son expression visuelle.

Unité chrétienne ou rupture confessionnelle ?. Il s’agit de poursuivre les recherches sur l’Union des Églises romaine et orientales durant les périodes médiévale et moderne, en étudiant dans la longue durée, selon un double point de vue occidental et oriental, les enjeux réciproques du schisme et de l’Union et analysant les reformulations qui en découlent autour de la notion d’unité chrétienne. Cette approche permet d’étendre la réflexion au-delà de Byzance, à l’ensemble du monde orthodoxe slave, russe et proche-oriental, et d’observer tant les constantes dans la manière dont l’alternative schisme/Union se pose, que les transformations profondes liées au processus moderne de confessionnalisation.

 
Sorbonne Université
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