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Présentation

Le monde contemporain s’interroge plus que jamais sur la place des religions et de leurs fidèles dans nos sociétés. Dans les sociétés occidentales, le débat tourne précisément autour des trois monothéismes et leurs rapports entre eux, coexistence ou confrontation. Pour définir cette place, l’histoire est constamment invoquée, avec plus ou moins de bonheur, et l’on tient pour acquis des pratiques ou des comportements, en fait récents, sans percevoir que les enjeux actuels sont le fruit d’une évolution qu’il faut retracer. Par ailleurs, le monde méditerranéen et proche-oriental a vu naître ces trois religions dans un cadre polythéiste et philosophique dont l’influence doit être mieux reconnue


Télécharger la nouvelle plaquette de présentation du Labex (2016)
Télécharger la première plaquette de présentation du Labex (2011)

Le Labex RESMED réunit l’UMR 8167, formée elle-même de six anciennes UMR : Monde sémitique, Mondes pharaoniques, Méditerranée antique – Civilisation et christianisme ancien, Médecine grecque, Monde byzantin, Islam médiéval et plusieurs partenaires, dont une partie des projets de recherche concerne le monde méditerranéen et qui utilisent les mêmes méthodes : Le Centre Léon Robin de la recherche sur la pensée antique, l’AOROC (archéologie d’Orient et d’Occident et Textes anciens), l’Institut de Recherche et d’Histoire des textes, IREMUS UMR8223.

Nous rassemblons des historiens, des spécialistes des langues anciennes, des archéologues et des musicologues. Nous travaillons dans la longue durée puisque nos programmes vont de la protohistoire au milieu du XVe siècle, et au-delà pour certains. Ainsi nous travaillons sur l’Égypte depuis les premières dynasties pharaoniques jusqu’au renversement des Mamelouks par les Ottomans. Nous sommes à même de constituer un socle de nouvelles sources et de les exploiter. Le Labex permet de conforter la fusion des six anciennes UMR qui forment aujourd’hui l’UMR 8167, porteuse du projet, en renforçant le travail commun amorcé par les programmes transversaux déjà en cours. Il permet de regrouper des chercheurs d’autres équipes travaillant sur des thèmes proches de ceux de l’UMR 8167, en espérant que d’autres viendront rejoindre le Labex si celui-ci est sélectionné.
Enfin, pour la première fois, sont associées des équipes qui n’avaient jamais collaboré sur des programmes communs, celle de la philosophie antique ou celle des musicologues. L’évolution du Labex devrait conduire à intégrer d’autres chercheurs ou équipes travaillant sur notre thème principal aux époques modernes et contemporaines.

Nous avons choisi trois axes en raison de leur importance, de leur exemplarité et des travaux déjà engagés au sein de notre UMR et de ses partenaires.

Notre premier thème touche le choix personnel d’une religion, souvent appelé « conversion »  :
Pourquoi et comment on en change et dans quelle mesure l’accès à une nouvelle religion n’est pas forcément la rupture radicale qu’on a trop souvent décrite. Le converti emmène dans sa nouvelle religion ses structures mentales et certaines pratiques de l’ancienne. On verra donc les changements de cultes à l’intérieur du polythéisme, les conversions au christianisme, au judaïsme et à l’Islam. Il convient de dépasser l’opposition dichotomique et réductrice entre polythéisme plastique et assimilateur, d’une part, et monothéismes intransigeants et prosélytes d’autre part. Les conversions et ses conséquences sont étudiées dans l’espace méditerranéen mais aussi dans les Balkans et dans l’Insulinde, à titre comparatif. L’étude est aussi étendue chronologiquement ce qui permet de souligner les continuités jusqu’à l’époque contemporaine.
La question de la coexistence entre communautés religieuses différentes est au centre de nos questionnements. Le monde médiéval fournit des exemples d’intolérance mais aussi des périodes d’échanges culturels pacifiques. L’exemple de la Sicile médiévale permet d’en mesurer les contours et les limites. Cette coexistence et la concurrence entre religions engendrent une abondante littérature de controverse, qui permet à ces communautés religieuses de souligner leurs différences, d’affirmer leur supériorité et de préciser des points de doctrine. Nous avons les compétences linguistiques pour aborder cette littérature qui oppose dans des langues variées païens et chrétiens, païens et juifs, chrétiens et juifs, chrétiens entre eux, ou chrétiens et musulmans. Chacun de ses aspects a fait l’objet de vastes travaux, mais une partie de ces textes est inédite et nous pouvons apporter des sources nouvelles et envisager ces controverses dans une perspective comparatiste et diachronique.
La sacralisation de l’espace et l’usage des espaces sacrés (temples, églises, synagogues, mosquées) forment le complément physique de cette fluidité religieuse. Les nouveaux venus eurent le choix de reprendre les édifices de culte déjà en place ou construire ex nihilo. Il faut s’interroger sur l’héritage des anciens modèles dans l’élaboration des lieux de cultes de la nouvelle religion, sur la puissance symbolique de la destruction de lieux ou d’objets religieux pour marginaliser une communauté particulière.

Les rapports entre religion et rationalité forment l’axe suivant. L’étude de la relation entre religion grecque et philosophie permet de comprendre comment se sont forgés les instruments conceptuels, les modèles argumentaires et les stratégies d’attaque et de défense des philosophes. On étudiera comment ces derniers ont souvent critiqué la religion héritée, cherchant à l’épurer plutôt qu’à la détruire. Cette critique des philosophes grecs à l’égard du polythéisme est reprise par les apologistes et les théologiens chrétiens qui « christianisent » Platon. Une étude sur la relation entre le rationnel et l’irrationnel pourra aussi s’articuler autour de recherches sur l’alchimie et la magie qui se renouvellent grâce aux découvertes de papyrus nouveaux qui seront édités et traduits. Il s’agira ici par ailleurs de poser la question de l’existence d’un humanisme musulman en étudiant les tensions entre l’assimilation discutée de l’héritage antique et les deux autres filiations du monde musulman, arabité et islam.
La médecine constitue un second champ d’application pour cerner le rapport entre religion et rationalité. On examinera les rapports entre médecine rationnelle, née en Grèce à l’époque antique, et médecine magico-religieuse. Les deux médecines coexistent de fait et servent la société chacune à sa manière. On étudiera leurs champs respectifs en explorant les zones de frontières un peu floues entre elles jusqu’à la fin du Moyen-Âge. La transmission du savoir médical est un domaine dans lequel notre Labex peut offrir des vues nouvelles. Cette transmission se fait du monde grec vers le monde arabe à travers les chrétiens de langue syriaque qui servent d’intermédiaires et de traducteurs. La transmission se fait ensuite de l’arabe et du grec vers le latin en Méditerranée occidentale, mais cette transmission ne s’est pas faite sans opposition religieuse, comme le montre l’histoire de la dissection. On étudiera les oppositions religieuses à l’étude de l’anatomie dans le monde antique et médiéval et les facteurs politiques ou intellectuels qui ont cependant permis la transmission du savoir médical.

Le troisième axe propose l’étude des pratiques religieuses dans le cadre des sociabilités d’un côté et du droit de l’autre.
L’initiation religieuse d’un individu se fait par le biais de la famille mais aussi des communautés, à travers la musique, les traditions culinaires et la culture. Nous souhaitons développer les recherches sur droit et religions avec la collaboration de juristes plus nombreux en privilégiant quelques domaines comme le droit des bâtiments religieux, la question du droit d’asile, le droit matrimonial et les questions liées à l’argent, comme le prêt à intérêt. Nous souhaitons étudier le fonctionnement des communautés religieuses comme acteurs économiques, ce qui trouve un écho contemporain avec le développement des banques islamiques.
L’usage de la richesse pose aussi des questions d’éthique auxquelles les différentes religions étudiées ont apporté diverses réponses, comme on le verra en se penchant sur les systèmes caritatifs.

Une partie de ces thèmes de recherche fera l’objet de séminaires dans le cadre des masters existants, en particulier le master « Monde méditerranéen médiéval » (Paris-Sorbonne, Panthéon-Sorbonne, ENS). Les étudiants de master seront conviés, s’ils le souhaitent, à choisir des sujets de mémoire liés aux thèmes du Labex. Les meilleurs d’entre eux seront dirigés vers des doctorats dans le même esprit.

Les objectifs sont clairs : publier une série de sources (ou de résultats de fouilles) qui fournissent des éléments de réponse à notre problématique :

  • a) publier l’ensemble des colloques
  • b) publier une série destinée au grand public cultivé
  • c) constituer des bases de données l’une sur l’humanisme musulman, l’autre sur tout ce qui touche les religions en Méditerranée.

Enfin le Labex mettra à disposition des enseignants et des élèves des fiches sur les sujets touchant aux religions jusqu’à l’époque contemporaine. Des participants pourront se rendre dans les établissements scolaires, ainsi que dans les entreprises pour les sensibiliser à l’étude laïque des religions.

 
Sorbonne Université
Orient Méditerranée - UMR 8167
Paris Sorbonne Université
Sorbonne Université - Université Paris 1
École Pratique des Hautes Études
Centre Léon Robin sur la pensée antique
Patrimoines et Langages Musicaux
Institut de recherche et d'histoire des textes
Archéologies d'Orient et d'Occident et textes anciens (AOROC) - UMR8546

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