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Le site de Wakarida sur les hauts plateaux du Tigray (Éthiopie). Transition entre polythéisme et christianisme

- Responsables : (2010 - 2014) Iwona Gajda & Fabienne Dugast (CNRS, UMR « Orient & Méditerranée »)
(2014 - 2018) Iwona Gajda

La mission archéologique de Wakarida s’insère dans le programme de recherches archéologiques et épigraphiques lancé dans la région du Tigray en Éthiopie du Nord depuis 2010 sous la responsabilité conjointe de Fabienne Dugast et Iwona Gajda (UMR 8167). Ce programme a pour cadre général l’histoire de ce territoire, de la formation des communautés dites « pré-aksumites » au Ier millénaire avant notre ère jusqu’au développement du royaume d’Aksum tout au long du Ier millénaire de notre ère. Elle intègre le volet A2 « Paysages et édifices » du programme Labex RESMED puisqu’elle s’intéresse tout particulièrement à cette période de transition encore mal connue, tant sur le plan politico-économique que culturel et religieux. Elle aborde notamment les rapports entre la religion sabéenne et les cultes locaux au VIIIe siècle avant notre ère, comme les circonstances de la christianisation de l’Éthiopie, à partir du IVe siècle de notre ère.


  • Le site de Wakarida
    Une première approche de terrain a été initiée début 2010 sous la direction de Fabienne Dugast, qui a permis de mieux évaluer l’extension de la culture « aksumite » au sein des communautés installées sur les hauts plateaux du Tigray. Au cours de cette première campagne, un site particulier a été repéré dont l’intérêt réside sur sa position retirée, en marge des villes capitales et des grands axes commerciaux mais probablement ouvert sur la Mer rouge, susceptible d’apporter un éclairage sur les continuités culturelles éventuelles qui se sont ou non manifestées entre le Ier millénaire avant et le Ier millénaire de notre ère.
    Le site archéologique de Wakarida remonte clairement à la période de l’apogée du royaume d’Aksum et de la christianisation de l’Éthiopie (IVe‐VIe s.). Il offre, après deux campagnes de fouilles menées de 2012 à 2014, les premiers indices d’une architecture clairement aksumite que l’on identifie habituellement à la résidence de notables (Matarā, Aksum), laissant entrevoir, malgré sa situation retirée, un lien privilégié avec le pouvoir et la politique d’expansion territoriale du royaume. En attestent tout particulièrement un certain nombre de monnaies recueillies sur le site, les unes émises par un roi anonyme identifié à Ezana, premier roi chrétien qui a régné au IVe siècle de notre ère, les autres par le roi Yoël remontant au VIe siècle, ainsi que la céramique.
    Ces premiers résultats permettent de poser formellement la question des circonstances de l’occupation de ce territoire a priori reculé. La richesse de ses sols suffirait certes à expliquer le développement de groupements humains à leurs abords : l’établissement de bâtiments relativement imposants témoigneraient de la présence d’une communauté riche et structurée hiérarchiquement, dont l’installation n’a sans doute pas d’autre explication qu’un lien fort avec le royaume d’Aksum. Il est probable néanmoins que l’ensemble de la vallée de May Ayni, que domine le site de Wakarida, était occupée bien avant par une communauté rurale : une étude géomorphologique et une cartographie de l’environnement permettent d’ores et déjà d’appréhender certaines formes de cette occupation antérieure, manifestement dispersée.

  • Problématique
    L’approche environnementale définit le site comme une unité topographique perchée au-dessus de vallées encaissées qui la bordent et forment un paysage que l’on pourrait qualifier de « fossile » dans ce que toute la zone apparaît volontairement aménagée, et ce manifestement de longue date. Une série de prospections archéologiques a permis de compléter cette première analyse en confirmant la présence de vestiges antiques sur l’ensemble des quatre vallées qui constituent la zone d’enquête (50 km²). Loin d’être tout à fait isolé, le site de Wakarida apparaît ainsi avoir été entouré, durant la période aksumite, de plusieurs autres établissements. On recense au moins un grand site qui pourrait avoir été un autre « centre » similaire à celui de Wakarida, contrôlant la vallée voisine de Ka’ebile.
    L’étude de ces différents sites devrait nous donner à terme une idée du mode d’organisation de l’habitat et de son développement dans le temps, ainsi que des relations entre les différentes vallées.
    Pour comprendre ce mode d’organisation, il importe en particulier d’identifier les lieux funéraires et religieux, manifestement à l’écart des zones d’habitat mais près desquels, ailleurs, est très souvent venu se greffer un lieu de culte chrétien, avec son église dotée d’une « guilde ». Outre une petite figurine évoquant le culte de la fertilité et de modestes traces chrétiennes, un premier ensemble de tombes rupestres a été repéré, dominant un vallon immédiatement au nord du site de Wakarida, à proximité duquel les traces d’un bâtiment de forme quadrangulaire pourraient correspondre aux vestiges d’un ancien lieu de culte, voire d’une église.



- Campagne 2010 [http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00662856]

- Campagne 2011 [http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00662849] / GB [http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00662850]

- Campagne 2012 [http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00908115] / GB [http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00865947].

- Campagne 2013 [http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01146184] / GB [http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs- 01146180]

 
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