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FIEMA Zbigniew

Chercheur invité par Laïla Nehmé.

Directeur de recherche - The Academy of Finland Center of Excellence “Ancient and Greek Documents, Archives and Libraries”, direction Prof. Jaakko Frösén, University of Helsinki.

Invitation de de mi-juin à mi-juillet 2012

- Axe de recherche : Axe A - Religions, lieux et conflits
A2 - Paysages et édifices

- Projet développé : Du sanctuaire païen au monastère : changement et continuité au Jabal Hârûn

Le Jabal Hârûn (Jabal an-Nabî Hârûn) est situé à environ 5 km au sud-ouest de Pétra dans le sud de la Jordanie. C’est le sommet le plus haut de la région et, à ce titre, il attire l’attention et stimule l’imagination. D’après les traditions juives, chrétiennes et musulmanes, cette montagne est le lieu où serait inhumé Aaron, le frère de Moïse. C’est un lieu de pèlerinage musulman et c’est là que le premier explorateur de Pétra a souhaité se rendre au début du XIXe siècle.
Depuis 1997, le Finnish Jabal Hârûn Project (FJHP) a entrepris la fouille d’un monastère byzantin installé sur le plateau sommital de la montagne. Ce monastère n’est cependant qu’un élément parmi ceux qui témoignent de l’importance religieuse de la montagne de l’époque nabatéenne à l’époque islamique et même jusqu’à aujourd’hui.
Les fouilles ont en effet révélé que le site a d’abord été occupé par un sanctuaire nabatéen majeur, daté des premiers siècles avant et après J.-C. Au IVe siècle, à l’époque du conflit entre les cultes nabatéens traditionnels et le christianisme, la montagne a commencé à être associée à la tradition biblique de l’Exode et à attirer les pélerinages chrétiens. Il semblerait que l’un des phénomènes religieux associés à l’essor du christianisme au Proche-Orient – la tranformation d’un lieu de culte païen en site biblique à caractère sacré – ait alors déjà touché le Jabal Hârûn. Plus tard, au Ve siècle, un monastère byzantin a été édifié sur le site. Il comprend une basilique à mono-abside avec chapelle accolée, plusieurs pièces, des cours et une hôtellerie. Le centre monastique byzantin, qui a incorporé le sanctuaire nabatéen primitif, avait un caractère commémoratif et était associé à des pélerinages. L’église était richement décorée de mobilier en marbre, de mosaïques murales et de mosaïques de pavement, en particulier dans le narthex. L’église et la chapelle ont connu plusieurs phases d’aménagements, notamment à la suite d’épisodes de destruction dus probablement à des tremblements de terre. L’occupation de nature ecclésiale de l’église s’achève au VIIIe siècle et la chapelle est abandonnée au IXe, mais d’autres structures sont probablement restées en usage jusqu’à l’époque croisée.

Le Jabal Hârûn est donc un exemple extrêmement intéressant de permanence et de transformation d’un lieu de culte d’abord païen, puis chrétien, et enfin musulman. Le fait qu’il ait été fouillé récemment et que les environs de la montagne aient fait l’objet de prospections systématiques offrent pour son étude des conditions idéales, d’autant que les sources littéraires (Épiphane et Eusèbe notamment) apportent des éclairages qui doivent être pris en compte.

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