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C1 - Religions et sociabilités

Participants : Frédéric Billiet ; Béatrice Caseau ; Jérôme Cler ; Michèle Coltelloni‐Trannoy ; Jean-Charles Coulon ; Olivier Delouis ; Jean-Luc Fournet ; Katarina Livljanic ; Sophie Métivier ; Caroline Michel d’Annoville ; Alice Mouton ; François Picard ; Théodora Psychoyou ; Hedwige Rouillard‐Bonraisin ; Jean-Marie Salamito ; Pierre Tallet ; Konstantin Vetochnikov.

- 1. La notion de sociabilité (Geselligkeit) ne désigne rien de plus à l’origine que le caractère de l’être ou de l’individu sociable. Portée d’abord par la philosophie politique des Lumières, cette notion a depuis investi d’autres sciences sociales où, sans s’être élevée au statut de concept, elle permet de dépasser commodément l’opposition traditionnelle entre individu et société. Elle recouvre en cela la socialisation, qui rend compte de l’assimilation progressive d’un individu au groupe auquel il appartiendra. La sociabilité est de nos jours comprise comme le fondement de l’« être en société » ou du « vivre ensemble », entre des individus qui, à l’exclusion d’intérêts matériels ou économiques, sont attachés à une communauté de valeurs.

La religion est l’un des phénomènes où les sociabilités jouent un rôle privilégié, étant elle même une chose « éminemment collective ». La question n’est cependant pas ici d’étudier la construction par la religion de normes sociales s’imposant à tous, ni d’opposer ces normes à d’autres, comme celles issues du politique. Il s’agit davantage de saisir la religion non comme acteur, mais comme réceptacle ou cadre de ces sociabilités, que celles‐ci soient comprises comme un héritage positif (alors « dé‐sécularisé ») ou comme une déviance à redresser. Toutes ces sociabilités ne sont pas religieuses, mais aucune ne réussit à s’affranchir de l’influence des religions : ainsi de la convivialité, de la commensalité, du compagnonnage, des associations, de l’union entre individus, des mœurs ou de l’opinion. L’originalité de la démarche proposée est de confier ce thème non seulement aux historiens de la société mais conjointement aux historiens de la religion.

Plusieurs sujets permettront de rassembler les spécialistes des différentes régions méditerranéennes et de confronter leurs approches : les associations religieuses en Égypte ; les pratiques alimentaires et les banquets dans l’Israël ancien et à Ougarit ; le christianisme et la vie associative dans l’Empire romain ; la Vox populi et la légitimité populaire dans l’Église ancienne ; dévotions et saintetés familiales.

- 2. Au sein de la société, quelques groupes particuliers seront isolés. Une étude comparant la manière dont les enfants sont associés aux diverses pratiques religieuses depuis les cultes traditionnels antiques, jusqu’au christianisme et à l’Islam médiéval sera ainsi menée. Il faudra se pencher sur la participation des enfants aux cultes traditionnels dans le monde grec antique et romain, sur le rôle des monastères et des clercs dans la formation religieuse de l’élite au Moyen Âge, sur la fonction des synagogues dans la transmission du judaïsme et sur les écoles coraniques.

Concernant le rôle des femmes, la singularité de leur participation au fait religieux sera examinée à la fois dans le monde de l’Israël ancien et à Ougarit, dans le monde étrusque qui reconnaît à la femme une position dite privilégiée, et également au sein du monde chrétien. Cet aspect, encore mal étudié, est particulièrement propice aux croisements entre études du genre et études religieuses.

- 3. Enfin, la musique a joué et joue un rôle dans les échanges culturels et les brassages au sein des peuples de la Méditerranée. On mènera une enquête associant les données du présent et la mémoire du temps long pour mieux envisager le rôle de la religion dans la culture musicale (musiques religieuses, musiques et rituels, pratiques musicales et appartenances confessionnelles et/ou communautaires) tout autour de la Méditerranée. Au‐delà, se pose la question de la cohabitation entre communautés de religions différentes (souvent isolées à tort ou à raison dans leurs singularités) et des transferts culturels (notion débattue) dans un prolongement auquel seront associés des historiens

 
Sorbonne Université
Orient Méditerranée - UMR 8167
Paris Sorbonne Université
Sorbonne Université - Université Paris 1
École Pratique des Hautes Études
Centre Léon Robin sur la pensée antique
Patrimoines et Langages Musicaux
Institut de recherche et d'histoire des textes
Archéologies d'Orient et d'Occident et textes anciens (AOROC) - UMR8546

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